jeudi 25 novembre 2010

Approchez …Qui veut du KWH…, il est bon, Il est pas cher, il est écolo !



Une nouvelle fois sur France 3, une information nous est donnée dont le résultat est annoncé comme une avancée, un bienfait, qu’on se le dise , et qui se révèle en fait être une nouvelle arnaque sur le journal de France2 qui suit .
Je m’explique : nous savons tous qu’en France nous devons notre indépendance énergétique au nucléaire. Et ceci grâce au Général et à ceux qui l’ont suivi et qui ont doté la France d’un parc de centrales nucléaires assurant 70% de notre énergie électrique.
Ces centrales c’est nous contribuables qui les avons payées, EDF étant une entreprise d’État, c’est d’ailleurs en partie pour cela que nous avons jusqu’à maintenant bénéficié d’un prix du KWH le plus bas d’Europe. Et tout cela est très logique, que les investisseurs, c’est à dire entre autre ma pomme, retrouvent leurs billes.
Par ailleurs nous avons vu récemment "grâce" à l’Europe l’apparition de sociétés concurrentes d’EDF qui ont bien du mal à s’implanter sur le marché. Car nos gouvernants n’ont pu faire autrement que d’assurer aux petits usagers des soit-disant avantages tarifaires procurés par les bas tarifs EDF, et qui en fait se révélaient être simplement notre du.
Ainsi mis à part quelques huluberlus, ou victimes innocentes de la publicité mensongère des concurrents d’EDF, nul n’a voulu changer son contrat pour aller vers les gougnafiers de la concurrence qui soit dit en passant fournissait à leurs usagers de l’électricité produite en majeure partie par des centrales polluantes.
C’était trop beau, tout cela fonctionnait trop bien. Et nous savons maintenant qu’avec ce gouvernement tout ce qui marche est suspect, qu’il faut absolument que tout ce qui tourne rond passe sous les fourches caudines de la réformette : maladie de nos élites au commande. La réussite de cette gouvernance ne se mesurant pas à la qualité des réformes mais à leur nombre.
Ainsi de façon que les pauvres entreprises privées puissent faire les bénéfices catquarantiens que l’on connaît, va imposer à EDF de vendre à ceux-ci un KWH produit par le nucléaire moins cher (1/4 de la production).
Ainsi l’État, en catimini, fort de leur victoire sur le conflit des retraites est en train de brader le potentiel nucléaire d’EDF qui soit dit en passant se trouve face à des centrales vieillissantes à renouveler.
La logique voudrait que pour ce faire on vende le KWH à un prix plus élevé et bien non, c’est au prix de revient qu’ EDF devra vendre son KWH. Les bénéfices seront donc pour le privé.
Pour en revenir au début de cet article, France 3 annonçait péremptoirement, sans développement ni explications, par je ne sais quelle damoiselle, que mécaniquement si EDF conserve un prix du KWH élevé pour ses concurrents immanquablement le coût de l’électricité augmentera.
Quelques instants après sur France2 on nous prévenait que de toutes façons le prix du KWH allait augmenter pour atteindre la moyenne européenne.
Ainsi dans le cas où EDF est dans l’obligation de vendre moins cher ses KWH à la concurrence où ira la différence ?
Une preuve de plus s'il en fallait, des penchants de ce gouvernement vers la confrérie du CAC40.
Et ce ne sont pas les Direct Energie, Pohewo et autres qui construiront en toute sécurité de nouvelles centrales nucléaires.
Nous vivons une époque dite moderne !

lundi 15 novembre 2010

De Droite à Gauche




Je pense que vous avez observé que le parcours politique des différents hommes s’intéressant de près ou de loin à la chose publique va en majeure partie de la gauche vers la droite. On pourrait dire que c’est la voie normale d’ascension vers la maturité, ou encore, de manière plus abrupte, un certain affadissement des idées vers ce qu’on nomme la sagesse, lorsqu’on veut être aimable, et le renoncement aux générosités de jeunesse dans la douceur du confort enfin atteint si l’on veut parler vrai.
Les exemples sont légions de Doriot à Besson en passant par Chirac et tous les ex Maos qui peuplent nos écrans et nous inondent de leur prose définitivement assagie et souvent étonnement complaisante avec la lente et persistante régression sociale que nous vivons actuellement .
Mais il y a des exceptions qui optent pour le parcours inverse, qui ne prennent pas la même route qu’eux ce qui a le don de les irriter profondément. Non les braves gens n’aiment pas qu’on prenne une autre route…!
Il y a deux exemples célèbres et qui curieusement furent les plus prestigieux Présidents de notre cinquième république. Je veux parler de De Gaulle et de Mitterrand, tous les deux sont partis l’un de Maurras, l’autre d’un temps de collaboration avec le gouvernement de Vichy pour arriver tous les deux à gouverner avec le Parti Communiste. Etonnant non ?
Ce serait trop facile de dire qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, car cette maxime est réversible, et de plus semblerait faire croire que ceux qui, en dépit de tout, conservent leur penchant à gauche, ne sont que des ignares aveugles à ce qui se passe autour d’eux : la droitisation générale du monde actuel. Le panurgisme est aussi une règle non écrite de la politique dite moderne : nous sommes les seuls à penser cela donc nous sommes dans l’erreur !
On ne cesse de reprocher à François Mitterrand, à la fois son parcours vichyssois et son passage au ministère de l’intérieur et de la justice sous les différents gouvernement de la quatrième République avec, récemment, la découverte qui n’en était pas une, de la condamnation à mort de quarante indépendantistes algériens alors qu’il était garde des sceaux.
Oubliant au passage que celui-ci quitta le gouvernement de Vichy pour entrer dans la résistance et qu’au ministère de la justice il fît moins, bien qu’ encore trop, que son prédécesseur en 1945 lors des massacres de Sétif qui firent au bas mot plus de 20.000 morts algériens.
Quant au Général en prenant un parcours de gauche lors de la libération, gouvernant avec les communistes , il nous évita une guerre civile : les américains voulant empêcher à tout prix que la France tombe dans la sphère communiste avaient pour ce faire préparer la nomination d’un " Gauleiter" et la mise sous tutelle de notre pays. Imaginez ce qu’aurait été la réaction des FTP et d’une partie des FFI encore armés à l’époque face à un gouvernement yankee. Nous avons échappé de peu à "Ridgway la peste" grâce au grand Charles.
Certains diront que pour mieux les étouffer il n’y avait rien de mieux à faire que de les prendre avec soi dans l’équipe gouvernementale. Mais il ne faut quand même pas oublier les lois sociales promulguées lors de la libération, les mêmes que l’on essaye maintenant de supprimer.
Sous Mitterrand en 1981 avec le programme commun on poursuivit ses avancées sociales : retraite à 60 ans, lois syndicales, suppression de la peine de mort etc…
Ainsi ce qui caractérise ses deux éminents chefs d’Etat, c’est un pragmatisme éclairé : De Gaulle n’hésitant pas à aller à l’encontre du "Je vous ai compris" lancé au balcon du GG à Alger en négociant avec le FLN.
Mitterrand , en 82, n’hésitant pas à se séparer de Maurois afin d’entamer un virage serré vers une économie plus saine. Les deux faisant ensuite front crânement face à leurs nombreux déçus.


Dans quelques mois nous irons aux urnes pour l’élection d’un Président, quel choix ?
Voter en fonction de promesses électorales c’est à coup sûr aller vers une désillusion bien connue ; seule la confiance dans un homme pragmatique capable de gouverner selon les aléas de la conjoncture devrait guider notre choix.
La France est majoritairement à droite, seule la division de la droite ou une présidence particulièrement mauvaise peut faire gagner la gauche. Mais celle-ci ne peut gouverner valablement sans consensus, sans toutefois aller jusqu’à un gouvernement de coalition comme c’est le cas outre Rhin, on peut trouver un homme ayant à la fois l’aval d’une large partie de la gauche et du centre et sans rejet profond de la droite.
En ces temps difficiles il faut jouer l’efficacité.
Donc un homme pragmatique, de centre gauche, avec une aura internationale, et pour qui les problèmes économiques n’ont pas de secret, inutile de le nommer vous l’avez reconnu.
Reste une inconnue, en a-t-il le désir ?


Après Mendés et Delors ne passant pas à nouveau à coté d’un homme en capacité de redresser le pays.

jeudi 11 novembre 2010

Dans la nasse...pieds et poings liés


 
 
Comment cela a-t-il pu arriver ? Cette semaine on commémorait, je pourrais plutôt dire on récupérait en grandes pompes la mémoire du Général. Je n’ai pas observé de casque anti-bruit sur les oreilles des participants et pourtant le retournement du Grand Charles dans sa tombe devait faire un bruit assourdissant.
Ah non ! Pas à cause de la présence du petit Nicolas qui tentait de redorer son blason à bon compte. Quelques heures pris sur un emploi du temps hyper chargé afin de pouvoir pénétrer à la Boisserie, Quel symbole ! Même sans avoir à baisser la tête, c’était peu au regard du bénéfice escompté auprès des béats du journal télévisé !
Mais ne pensez vous pas que la France, indépendante et souveraine comme il la désirait, à la merci d’un point de plus d’une agence de notation d’outre Atlantique, un horrible machin de plus, anonyme de surcroît, n’est pas de nature à faire bouger le Grand Charles dans sa tombe ? Mais comment a-t-on pu en arriver là ?
Ceci dit il faudrait ajouter, en voyant le concert de louanges venant de tous cotés, de la droite comme de la Gauche, la phrase prononcée lors de l’assassinat du duc de Guise "Il est encore plus grand mort que vivant"
La France est désormais à la merci d’une agence de notation apatride puisque désormais la finance internationale n’a plus qu’une patrie : le Fric, son président, inconnu, sa devise, toujours plus, son drapeau dans la poche.
Mais quelle histoire ! Un vrai roman policier. A l’origine deux irresponsables, Margaret et Ronald qui institue le fric roi, plus d’entraves à la circulation de l’argent et toujours plus d’argent sur et sous la table en déréglementant à outrance. Les deux compères se frottaient les mains. Dans un premier temps cela dopa le marché, stimulant la croissance. L’argent coula à flots. Mais nos illustres penseurs économiques, seules références désormais, n’en finissent pas de cogiter pour savoir que faire de toute cette manne… ben, le recyclage étant de mode, de l’argent, du fric tout simplement ! Quelle trouvaille !
Et pendant ce temps là on faisait plutôt mal que bien une sorte de super état qui n’en était pas un : l’Europe! Dans la logique du temps : un grand marché et comme cela ne suffisait pas une monnaie unique. Les autres se frottèrent les mains, les Etats-uniens avec leur planche à billets les Chinois avec leur petit Yuan. L’Euro n’avait plus alors qu’à grimper vers des sommets plombant ainsi nos exportations tout en réjouissant nos amis germaniques adorateurs de monnaie forte.
De l’autre coté de l’Atlantique on vit apparaître à la tête de la super planche à billets un autre menteur de haut vol, Mister Busch, qui fit croire à tous ou presque (merci Jacques) que Sadam était prêt à raser la terre entière avec ses armes de destruction massive. D’où envoi d’un corps expéditionnaire quelque peu international. Pour cela il fallait trouver de l’argent, pas de problème la planche repris du service et on serra la ceinture des petits "américains" qui ne purent rembourser les prêts de leur maison achetée à crédit. Qu’à cela ne tienne, on les fout dehors mais les banques ont du mal à récupérer leur bille. Faillites en cascade, tout étant désormais globalisé cela se répercute ailleurs, en Europe notamment, et c’est la crise avec les conséquences que l’on sait.
Alors les "Grands de ce monde" le Gvain se réunit sous les regards de la presse toute béate d’admiration: on allait voir ce qu’on allait voir ! Finie la liberté sans entraves de la finance apatride, finis les paradis fiscaux, finis les bonus extravagants des Traideurs etc...
Et qu’est-ce qu’on a vu? On a vu que ceux qu’on devait réglementer, mettre au pas, amener à la raison c’est eux qui maintenant nous réglementent, ce sont eux qui désormais nous notent.
Et cela tout en conservant les Paradis fiscaux décrétés incontournables pour une saine économie (sic), les Traideurs continuant à toucher des bonus mirobolants. Tout est reparti comme avant, comme si le retour de la crise n’ était qu'une illusion de plus.
Et cerise sur le gâteau, ces messieurs rois du fric, les Traideurs, continuent d’inventer des produits que même les banquiers et les journalistes financiers ne peuvent comprendre ! C'est dire !
Ainsi, on peut nous raconter ce qu’on le veut nous sommes désormais en matière de finances définitivement, sans recours possibles, d’une ignorance crasse.
Dans cette situation fi de toutes les politiques sociales, muselé les états providences, la honte absolue dans ce monde du fric roi.
D’où ces réformes nécessaires mais injustes dans leurs implications telle que celle des retraites que nous venons de vivre.
Si bien que désormais la gauche est bien en peine de présenter un programme qui soit à la fois social et crédible.
On y est désormais : pour avoir voulu échapper à la dictature du prolétariat nous sommes maintenant sous la dictature et la coupe des marchés et cela je le crains pour un bon moment.
Quelques hurluberlus mis à part dont nous faisons partie qualifiés de ringards adeptes de la solidarité nationale, toutes les autres nations les unes après les autres se rangent et se plient aux diktats des marchés.
Les Gaulois au temps de César étaient déjà qualifiés d’irréductibles, je conclurais en disant que l’intégration se porte bien car malgré les vagues d’immigrations successives nous le sommes toujours autant et c’est tout en notre honneur.
Les Manifs contre le projet inique des retraites ont étonné le monde, eh bien tant mieux, dans ce contexte ce n’est pas la victoire qui importe mais le combat.
 

samedi 2 octobre 2010

Des Hommes et des Dieux


 
1.500.000 entrées déjà … Pourquoi, quelles sont les raisons de ce succès pour un film à contre courant des modes et tendances ?
Ce film à thème principalement religieux, catholique de surcroît alors que les médias nous ont inondés, ces derniers mois, de récits de pédophilie souvent vieux de plus de 20 ans commis par des ecclésiastiques.
Alors que régulièrement on associe catholicisme à ringardisme notamment au sujet des mœurs : préservatifs, contraception, avortement.
Alors que les églises se vident de plus en plus de leur fidèle.
Alors qui a fait courir tout à chacun vers les salles obscures pour y voir huit moines au cœur du drame algérien, face au terrorisme islamiste, s’interrogeant de savoir s’il faut partir ou rester ?
Un film au rythme inhabituel, d’une lenteur monastique "rythmes lents sous les rutilements du jour" comme l’a écrit Rimbaud, des vues très belles sur les montagnes environnantes illustrent cette phrase du poète.
Sans intrigue majeure avec une fin connue à l’avance.
Une musique classique ou psalmiste loin du déchaînement bruyant et sans nuances des rockers habituels mais, s’agissant des psaumes, qui n’est pas sans rappeler certains airs de Rap.
Pas d’intrigue amoureuse, seul l’ épanchement d’une jeune algérienne sur ses soucis amoureux auprès de frère Luc jette un regard discret vers la vie du monde extérieur .
Aucune intrigue policière, puisque nous demeurons dans l’ignorance des auteurs de l’enlèvement et des assassinats qui ont suivi ; seul une très belle image des moines s’enfonçant dans la neige et la brume de l’hiver algérien laisse ensuite libre cours à notre imagination pour concevoir ce que fût leur drame par la suite.
Alors qui a fait courir les foules voir ce film ?
Le succès obtenu au Festival de Cannes ? Mais ils sont nombreux ces films primés qui ont vidé les salles ?
Plusieurs raisons peuvent être avancées : une certaine overdose du bruit et de la fureur qui est bien souvent le lot des films en vogue. Le succès d’estime d’un film de 4 h "le Grand silence" sur les Chartreux qui portait bien son nom, était à cet égard prémonitoire.

La politique et l’économie ne sont , à mon avis, pas absentes de ce succès : face au déclin annoncé de nos économies européennes et au système de vases communicants avec les pays émergents. L’appauvrissement des uns faisant la "richesse" des autres fait que peut-être alors a-t-on envie de se réfugier ailleurs dans des valeurs plus authentiques que le consumérisme et la recherche à tout prix de la richesse matérielle qui désormais nous fuit.

La tolérance qui mène à un dialogue fructueux avec les musulmans dont le film par petites touches rend compte d’une façon admirable. Que ce soient les cérémonies musulmanes auxquelles les Pères assistent mais aussi, limite extrême, la poignée de main un instant retenue de Christian avec le chef terroriste que les moines, refusant le nom terroriste, dénomment "Frères des montagnes" dans le but de les distinguer sans acrimonie, tous étant en uniforme, des "Frères de la plaine" que sont les soldats des forces armées algériennes.
Ce dialogue inter religieux avec nos frères musulmans n’est pas nouveau, dans son livre "Passion pour l’Algérie" John Kiser rappelle la bonne entente qui existait entre l’émir Abd El Kader et Mgr Dupuch alors évêque d’Alger lors de l’insurrection contre la colonisation.

Enfin Il ne faut non plus sous estimer l’intérêt que portent les Français à l’Algérie, trop de liens nous ont unis, que ce soit les rapatriés mais aussi tous les jeunes dont j'étais ainsi que plusieurs moines de Thibirine qui ont été amenés à combattre l’armée de libération algérienne.
D’ailleurs ce n’est pas évoqué dans le film mais Christian de Chergé le père Abbé de Thibirine, lieutenant en Algérie a été sauvé de la mort par un Algérien, Mohammed, qui ensuite fut tué par la rébellion.

Autre raison de ce succès est la foi de ces hommes, pas une foi sectaire, sans doutes, mais remise en question : que faisons nous là ? est-ce utile ? Nous refusons le martyr pour le martyr mais pourquoi prendre ce risque ?
"Une foi qui ne doute pas est une foi morte" a dit le poète. Le risque religieux qui a fait tant de victimes est là : une foi sans remise en cause, sans interrogation balayant tout sur son passage pour devenir le siège de l’intolérance absolue.
A cet égard la main tendue du chef islamique à Christian est symbolique que tout n’est pas perdu, que l’espoir subsiste et que les moines s’ils devaient chercher une raison d’être là, ceci en est une ainsi que la réflexion d’une habitante de Thibirine inversant la phrase d’un moine lui disant qu’ils étaient comme des oiseaux sur la branche lui répondit "C’est vous la branche nous nous sommes les oiseaux".

Spectateurs, je ne pense pas que nous puissions sortir indemnes de ce film, trop de questions nous y sont posés : l’amour des autres , la solidarité, le détachement aux fausses valeurs de notre temps, la tolérance, la foi, le dialogue avec l’Islam.

Je ne ferais pas de parallèle avec des événements récents largement débattus dans les médias, trop facile, mais à n’en pas douter les spectateurs du film l’ont certainement fait.
 
 
 
 

samedi 4 septembre 2010

Minc attaque


Dans la nouvelle émission de France 2 Semaine critique, Mr Alain Minc défenseur attitré de notre Président interdit au Pape de dénoncer l’attitude de la France vis à vis des Roms à cause de son origine allemande !
Comme quoi on peut avoir été major à l’ENA et avoir l’esprit tordu. Car je n’ai pas compris pourquoi le fait d’être d’origine allemande lui interdisait de rappeler les paroles des Évangiles " j’étais étranger et tu m’as accueilli ". Je sais, Monsieur Minc est d’origine juive et cela ne lui parle pas bien que cette phrase fût prononcée par le plus célèbre des juifs faut-il le rappeler.
Monsieur Minc s’arroge donc le droit de dire ce que chacun peut dire ou ne pas dire, il est bien dans ce cas le digne sbire du Patron qui lui se permet ce qu’il interdit aux autres. Notamment pas plus tard qu’hier de dénoncer une décision de justice dans l’affaire de l’attaque du casino d’Uriage. Que la libération d’un prévenu soit opportune ou pas , juste ou pas n’est pas le problème, je pensais qu’on ne devait pas commenter et à fortiori critiquer une décision de justice, mais sans doute je n’ai pas tout suivi perdu dans l’hétéroclite profusion des réformes.
Mais pour en revenir au cas de Mr Minc, si l’on suit son raisonnement et l’applique à lui même et à certains autres Français d’origine juive on pourrait leur dénier le droit de prendre position sur le problème israélo-palestinien. Ce qui vous l’avouerez serait proprement scandaleux .
Les mêmes, ont dénoncé vivement et pas toujours en connaissance de cause le "silence" de PieXII sur l'extermination des Juifs lors de la deuxième guerre mondiale. Que Benoît XVI est retenu la leçon et soit intransigeant sur le sujet de l’accueil et du traitement des étrangers est tout à son honneur et il n’y a que Mr Minc pour s’en offusquer.
Dans le même ordre d’idée l’ Archevêque de Toulouse a eu entièrement raison de rappeler le prêche courageux de Mr Saliège son prédécesseur durant la guerre dénonçant le traitement ignoble des juifs par le gouvernement de Vichy.
L’Église dans son ensemble a admirablement réagi devant la façon dont le Gouvernement a traité le problème des Roms en les stigmatisant en tant que peuple dans leur ensemble. En cela, cela peut s’apparenter à l’attitude du gouvernement de Vichy vis à vis des juifs même si bien évidemment les conséquences sont fort heureusement loin d’être identiques.
Peut-être est-ce à cause du traitement des Roms par les nazis que Mr Minc interdit au Pape de sen préoccuper, dans ce cas ce serait bien la première fois qu’on attirerait l’attention sur le sort réservé à ce peuple durant la dernière guerre mondiale trop souvent occulté par la Shoah.

jeudi 19 août 2010

Présumé Terroriste


En partance pour les USA, nous avions un projet de voyage au parc de Yellowstone. A l’occasion d’un précédent voyage dans l’Ouest nous avions aimé cette nature sauvage magnifiquement conservée dans cet endroit.
Rien d’autre ne nous intéressait plus de cet immense pays aussi nous avions décidé d’atterrir au plus près du parc à Jackson Hole. Projet trop ambitieux eu égard à la paranoïa qui règne aux US depuis le 11 septembre 2001.
Le trajet nécessitait deux changements d’avion, l’un à Toronto, l’autre à Denver. Le premier avec une heure trente pour le transfert, l’autre trois heures ce qui nous semblait amplement suffisant pour satisfaire à un contrôle d’immigration chatouilleux. C’était sans compter sur la rigueur obsessionnelle des services de l’immigration US qui à notre étonnement avait déplacé leurs services à Toronto pour tous les passagers à destination de leur pays.
Contrairement aux informations données à Charles de Gaulle il fallait en tout premier lieu récupérer ses bagages, ensuite se diriger vers les augustes représentants de l’ordre américain, à la mine aussi accueillante qu’une porte d’Alcatraz. Pourtant j’avais une certaine expérience de ce type de personnage abusant d’autant plus de leur autorité qu’elle leur fait souvent défaut dans la vie courante.
J’ai eu affaire tour à tour en naviguant aux services équivalents des Soviétiques dans les années cinquante, des mêmes américains dans les années soixante mais à la différence près que ces vérifications se faisaient en territoire français, sur notre navire, ce qui tempérait largement leurs ardeurs Kafkaïennes.
Mais la destruction des Twins Towers était passée par là transformant tout simple touriste désirant visiter les US en porteur d’explosifs divers et variés cachés aux endroits les plus incongrus de son corps et de ses bagages. De mon temps ces services se contentaient d’interroger les navigants sur leur intention de tuer le Président de ce « pays sans nom » comme le dénomme si justement le cinéaste Jean Luc Godard, c’était, faut-il le préciser un an avant Dallas !
Pour en revenir à notre destin de présumé terroriste, nous nous trouvâmes face à une incurie complète des autorités canadiennes car si le contrôle migratoire était sous la coupe des autorités US, l’organisation générale demeurait quand même aux autorités des locaux.
La cohue étant intense, labyrinthe de passagers à perte de vue, il était évident que de nombreux avions partiraient sans leurs passagers ceux-ci étant admis en priorité à se présenter aux aimables représentants de la bannière étoilée que 15 minutes avant le décollage. Nul besoin de préciser que cette urgence ne concernait en rien les représentants de cette nation assiégée de toute part par la gent terroriste. Ceux-ci poursuivaient à leur rythme, sans émotion aucune, leurs vérifications tatillonnes. Bien que nous ayons fait une demande préalable de visa par Internet accordée sans problème, que nous ayons rempli le document fourni dans l’avion mais rédigé en Français, il fallu subir à nouveau l’interrogatoire des agents Yankees.
Notre document rédigé en Français n’eut pas l’air de plaire à l’agent féminin de l’anti terrorisme, elle ne voulait que des imprimés rédigés en langue noble et non en patois. C’est bien connu les Français ont une certaine habitude de la mauvaise volonté administrative aussi nous persistâmes en refusant de rédiger un formulaire en Angliche, nous avons alors été redirigé illico presto vers une autre file où sévissait un agent apparemment plus compréhensif ou ayant quelques notions de patois. A ce stade je maudis Louis XIV qui au lieu de faire la guerre à toute l’Europe s’était un peu plus intéressé au nouveau monde celui-ci parlerait français, quel bonheur !
Le malheureux Louis XVI tenta de rattraper l’erreur de son aïeul en aidant les insurgés à devenir américain. A notre grand étonnement étant aux US le 4 juillet : Independance Day, nous ne vîmes aucune mention de la France que ce soit dans la presse ou ailleurs. A croire que Sadam a effacé de leur mémoire Lafayette, Rochambeau et Chesapeake !
Mais revenons à notre parcours de l’immigrant stressé, après enregistrement des empreintes des dix doigts de la main, les pieds ce sera pour le prochain attentat ! Mais oh scandale ! nous nous étions trompés de ligne pour la signature, dans la foulée, refus de nous prêter un crayon, ordre de retourner rédiger correctement notre fiche à l’endroit prévu à cet effet en perdant notre tour bien évidemment. Retour dans la file et de nouveau photographie, empreintes quelquefois qu’en cours de route nous ayons changé de tête ou de mains.
Inutile de préciser qu’après cette série d’aller et retour notre avion s’envola sans nous et nous nous retrouvâmes avec une dizaine d’autres passagers sans autre solution que de passer une nuit à Toronto, un autre jeune Français nous accompagnait lui avait le malheur d’avoir seize ans et de voyager sans ses parents, l’interrogatoire se prolongea, ce jeune du décliner l’identité de toute sa famille ascendants compris, heureusement que sortant tout juste de sa classe de première il n’avait pas eu encore le temps de bronzer !
Alors amis touristes si vous passez par Toronto en direction du pays sans nom jeter par le hublot l’imprimé en français, et faites attention de bien rédiger votre formulaire angliche vous aurez alors une chance de ne pas rater votre correspondance.
Rentré en France j’appris que d’après un sondage de je ne sais quelle origine, l’aéroport Charles de Gaulle était classé comme le plus merdique au monde (sic) !
A ce sujet essayez de trouver des journaux en langue française dans les aéroports US, j’ai testé, Détroit, San Francisco, Denver et aussi Calgary au Canada, pays sensé être bilingue…que dal ! Mais quelle idée de voyager sans parler angliche couramment.
Ah ces Français quels râleurs !

Nota : Je dois préciser qu’ensuite les agents d’United Airlines ont été parfaits pour nous trouver des vols le lendemain afin d’arriver à Jackson Hole à la mi-journée et les autorités canadiennes ont pris à leur charge les frais d’hôtel.

samedi 8 mai 2010

L'Europe en crise



L’Europe dans la tourmente, la Grèce n’est qu’un début , comme un château de carte les spéculateurs globalisés vont faire s’écrouler un par un les pays de la vieille Europe.
Leur tactique est de tenter, ils ont commencé par la Grèce et devant la mollesse de la réaction Européenne, ils enfoncent le coin. Pour eux c’est le pactole il n’y a plus qu’à tirer sur l’écheveau et les bénéfices à court terme entraînées par une spéculation échevelée vont tomber.
Et dire qu’après les subprimes on nous avait juré : plus jamais ça !
A peine terminé que ça recommence.
La moralisation, par contre, elle est là mais pas là ou on l’espérait, elle sera là pour le peuple grecque sommé de payer ses dettes et de ne plus vivre au dessus de ses moyens comme toute l’Europe d’ailleurs.
Au passage, pour faire avaler la pilule d’un prêt au peuple grecque alors que nous sommes, aussi, lourdement endettés on emprunte à 3% pour prêter à 5, bel exemple de solidarité qui réjouit tous les spéculateurs et les encouragent à pousser plus loin leur casse.
La petite voix de notre premier Ministre disant que nous devrons nous serrer la ceinture sans parler de rigueur les fait doucement rigoler : à deux ans d’une élection il leur faudra du courage à nos gouvernants pour appliquer un tel plan, courage qu’ils n’ont pas.
Et pourtant la solution elle est là, évidente, si nous dépensons trop, il faut soit réduire les dépenses, soit imposer plus. Le problème est que dans les deux cas, sans un changement colossal pour une juste répartition des efforts, les seuls à souffrir seront : devinez qui ?
Car dans le premier cas : réduction des dépenses de l’état, ces dépenses étant voisines de 70% en direction de la solidarité nationale, c’est inévitable que ce sont les plus pauvres d’entre nous qui paieront la note cash et c’est banalité de dire que ce sera sur leur nécessaire et non leur superflu que portera la note au contraire des plus aisés.
Dans le second cas : impositions supplémentaires, alors là, les moyens d’évasions fiscales en tout genre sont déjà bien en place, la mondialisation aidant, sans contrôle des changes et de plus avec le bouclier fiscal cher à notre Président ce sera du gâteau pour les plus riches, ils n’auront que l’embarras du choix pour s’affranchir de la solidarité nationale.
Aussi, pas question de rester les bras croisés, s’il y a une lutte à mener ce n’est pas dans le refus de la dette qu’il faudra payer de quelque manière que ce soit, c’est en combattant : se battre pour plus d’égalité dans les efforts afin que tous y participent.
Et pour une véritable adhésion du peuple de France à un plan de rigueur inévitable, l’exemple de la rigueur devra venir d’en haut avec des gestes forts, pas de demi mesures dans le genre pour les ministres : je roule en 6cv au lieu de 10.
Un plan de ce genre pourrait être, avec beaucoup de courage, celui des socialistes aux prochaines élections ; comme Churchill durant la dernière guerre promettre "du sang et des larmes" et non les démagogies habituelles de rasage gratis.
Les spéculateurs globalisés sont des pourritures mais ils appuient là où ça fait mal et nous disent en clair et en exagérant à leur profit : "Vous ne pouvez pas continuer à vivre au-dessus de vos moyens".
Reste à faire régler la note par tous sans exception, qui s’y attellera ? Ainsi qu' Esope avec sa lanterne sur l’agora, on cherche un Homme.